Une séance de rattrapage s’impose si vous avez raté ces films durant le printemps du cinéma. Quatre films différents mais tellement utiles dans cet univers de Blockbusters et autres facilités. Et bien que différents, ils sont reliés par un thème commun qui place l’homme (ou la femme!) au coeur de l’oeuvre.

HUNGRY HEARTS

Ce film est remarquablement supporté par un casting juste et puissant. La réalisation, on aime ou pas, mais on ne reste pas indifférent. Quant à moi, ce film m’a happé durant 2 heures. Hungry hearts démarre sur les pas d’une comédie romantique et s’échappe rapidement vers la comédie dramatique. Remarquablement joué par Adam Driver (Serie Girls,…), nouvel acteur incontournable du moment ou symbole de la génération Chochotte pour d’autres (Mr BEE himself!), la réalisation s’inscrit au coeur de la génération Y avec des filtres très Instagramiens et au cadrage très tremblant. Si on dépasse cet artifice, on ressent facilement l’oppression, la claustrophobie à l’intérieur de ce hui clos forcement dérangeant. Tenu en haleine, malmené dans nos sentiments, on s’attend à un dénouement tragique. Pris aux tripes durant près de deux heures, on ne ressort pas indemne de cette sombre histoire humaine.

Synopsis :
Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient. Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur. Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité.

WHIPLASH

Ce second film est assourdissant, entêtant, virevoltant. C’est une claque émotionnelle soutenue par une bande son diaboliquement efficace et soutenue par un casting magistral (JK SIMMONS au sommet de son art). Ce film est bien le coup de fouet promis. La réalisation impeccable et le scénario furieusement efficace font de ce film une pépite à voir en salle afin de profiter de l’écran et du son magistral.
Voir ce duel évolué durant deux heures est un pur moment de bonheur. Suivre l’évolution de ce jeune batteur fluet s’épaissir au fil de la narration ainsi que ce démiurge despotique si monstrueux et pourtant si torturé est palpitant car l’écriture nous fait vivre un thriller habile.
On croyait s’assoir pour suivre un film concert et on assiste à un match de boxe où tout les coups sont permis.

Synopsis :
Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

REALITE

Dupieux reste à part dans l’univers cinématographique mondial et je n’ai qu’un souhait à formuler : Pourvu que cela dure !!!
Après vous avoir vanté son dernier opus Wrong Cops l’année dernière, je ne pouvais pas passer à coté de Réalité. A chaque film, Dupieux réalise la prouesse de s’améliorer en développant des films de plus en plus aboutis tout en restant lui même, donc si décalé, si sur-réaliste et pourtant si captivant. Ce mec est déjanté et pourtant nous sommes hypnotisés par ces plans séquences sortis de nul part et par cette musique (ndlr : de Philipp Glass) hypnotique.
Alors si pour vous le cinéma se résume à de l’orgie visuelle type Blockbuster américain ou du verbiage type film français, passez votre chemin ! Dupieux se mérite et vous devez accepter d’ouvrir votre esprit et rentrer dans la quatrième dimension.
Mais pour la première fois, Dupieux nous donne des clés. Chaque scènette prend son sens et chaque personnage trouve sa place dans cet univers dupieusien. Et c’est une prouesse, car le film reste barré jusqu’au bout et c’est pour cela que l’on aime !
Comme d’habitude, le casting est au petits oignons avec ces fidèles acteurs. Comme d’habitude, les dialogues sont issus du langage dupieusien mais c’est tellement bon !
Contrairement à Whiplash que je vous encourage à voir en salle, Dupieux s’appréciera aussi dans votre salon même si le grand écran reste l’idéal.

Synopsis :
Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d’horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma…

TIMBUKTU

Les récompenses habituels (Oscar, César..) me font souvent sourire face à tant d’auto-congratulations et d’autisme. Il y a des exceptions à chaque règle et les récompenses obtenues par ce film permettent de lui donner un coup de projecteur bienveillant et nécessaire.
Sans l’effet César, Timbuktu aurait eu certainement moins de spectateurs et cela aurait été regrettable. Sissako nous offre une vision du djihadisme si réel et palpable que cela est effrayant. Il a réussi le tour de passe passe de nous vivre au quotidien l’enfer de ce village avec humour et humanité. Les héros sont bien ces villageois qui luttent à leur manière face à ces incultes ridicules. Les extrémistes apparaissent comme des lâches et des fats. Seul leur pouvoir permet de réaliser des horreurs mais ils restent des pantins sans cervelle.
Sissoko nous fait prendre conscience de cette humanité et de cette sauvagerie. Il met en lumière l’esperance qui passe par le savoir et l’éducation non sans esprit et humour.
C’est une belle lecon de vie et de courage que ce film transmet. Et au regard de l’actualité si tragique, ce film est une espérance.

Synopsis :
Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

A propos de l'auteur

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