Martin Parr est un grand photographe parmi les grands. Reconnu par ces pairs depuis des décennies, il a depuis le début de ce siècle la reconnaissance du public. Je dirais presque que la généralisation des photophones et des applications photos (Instagram and co) ont donné à Martin Parr ses lettres de noblesse. Attention, je ne compare pas le travail de Parr et les photographes amateurs de leur smartphone !!! Son travail et son talent sont énormes. Parr est devenu le Warhol du 21e siècle. Il a démocratisé et vulgarisé la photo. Beaucoup de Monsieur Jourdain photographient « à la Parr » aujourd’hui.

Martin Parr

Mais pour mieux comprendre son art aujourd’hui, il est intéressant de plonger dans le monde Parr. Qui est-il ? D’où vient-il ? Quels sont ces choix artistiques ?
Pour faire sa bio rapidement (merci wikipedia), Martin Parr est né à Epsom, une petite ville de banlieue au Sud de Londres dans le Surrey. Son père, provincial du Nord, avait choisi d’installer sa famille issue de la petite bourgeoisie traditionnelle dans ce centre cosmopolite. Vers l’âge de 13 ans, il devient passionné de photographie, il s’intéresse au travail de Bill Brandt et à l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson qui exposaient alors à Londres.

bad weather 1981

A ses débuts, Martin Parr photographie donc son environnement direct dans deux séries : Bad weather et Fair Day. La première comble tout anglais amateur de météo et la seconde donne le ton sur la marque de fabrique de Martin Parr pour les années à venir : son ironie. Comme toutes séries, celles-ci deviendront deux livres qui termineront le cycle en Noir et blanc au milieu des années 80.

last resort

A partir de là, Martin Parr change beaucoup de choses. En premier lieu, la couleur envahit les photos. Point of sale sera la première série du genre mais c’est surtout à partir d’une nouvelle mutation technique et assurément suite à l’usage permanent du Flash que le style Parr s’est imposé à la fin des années 80. Et ce style perdure encore 25 ans plus tard. La série The Last resort illustre à merveille ce propos et définit clairement la rupture entre le style documentaire sur l’Angleterre et ses sujets du début de son parcours professionnel à une vision plus ironique, caricaturale d’un monde universel.
Son arrivée chez Magnum lui permet de s’ouvrir au monde et ses séries parcourent celui ci pour mieux figer les portraits et les stéréotypes de ce monde contemporain. Et là où Cartier Bresson propose une vision humaniste, Martin Parr choisit une voie beaucoup plus personnelle où ses choix et arbitrages priment sur le sujet. Ses choix peuvent être contestés mais force est de constater que Martin Parr apporte une réelle contribution au photo-journalisme contemporain.
Sa critique de la culture de masse, de l’uniformisation des invidus, la richesse nauséabonde et vulgaire, l’opulence d’un monde ancré dans la surconsommation sont autant de thèmes forts que Parr nous projettent avec rigueur. Ses livres sont autant de diatribes contre ce mouvement actuel.

playa

Martin Parr excelle dans cet art et son ironie est une arme de destruction massive. C’est d’autant plus frustrant pour moi que cette dernière exposition (et le livre qui en résulte) me laisse sur ma faim. Ce n’est clairement pas l’exposition la plus probante et la plus pertinente de Parr. Reprenant des photos réalisées il y a plusieurs années, mêlées à des photos de commande pour cette exposition, on est loin d’une vision au vitriol. Bien sûr, on retrouve ses points de vues inversés et une vision plus cynique grâce à la Fashion Week mais malheureusement l’unicité de ton et de qualité n’est pas au rendez-vous à la MEP.

oeufs

Si vous découvrez Parr, filez tout de même à La M.E.P, mais je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas acheter le catalogue de l’expo et choisir plutôt d’autres livres vendus à la librairie (ou ailleurs). Luxury, It’s a small world, The last resort ou le très fameux livre paru aux éditions Barral ‘Life is a beach‘. Ce dernier ouvrage est un plaisir des sens et donne toute sa valeur à Martin Parr. Cet éditeur a magnifié son oeuvre et vous offre pour une somme relativement modeste une part de l’oeuvre de Martin Parr. Il est vendu exclusivement à la librairie La Manoeuvre) ou en commande aux Editions Barral, c’est ici

life is a beach

Pour aller plus loin avec ce photographe majeur, je vous invite à parcours les différents liens présents ci-dessous.
Et si l’envie vous prend de parcourir ces livres ou de faire l’exposition à mes cotés, n’hésitez pas à me contacter et je vous ferai découvrir avec plaisir l’univers de Parr. L’exposition se poursuit jusqu’au 25 mai 2014.

Le site de Martin Parr est ici
Martin Parr est chez Magnum, voici le lien
Pour commander Life’s a beach aux Editions Barral, c’est ici
Et pourquoi pas acheter une part de rêve sur Artnet, c’est par ici
La galerie Rocket à Londres, c’est par ici
Un souvenir au Jeu de Paume avec Planet Parr
La page FACEBOOK sur Martin Parr
Martin Parr sur Twitter
La galerie parisienne Kamel Mennour qui représente Martin Parr en France, c’est par ici.

A propos de l'auteur

Curious in marketing experience and online challenge.Fan of New technologies and mobility, Books, fashion, life style