Los Angeles est à la mode en 2014 avec de nombreux films à l’affiche depuis le début de l’année. Mais celui ci sort du lot et doit retenir votre attention.
En premier lieu, un film de Cronenberg n’est jamais anodin et celui ci ne déroge pas à la règle.
En second lieu, il s’agit d’un très bon Cronenberg qui reprend ici toutes ses névroses et obsessions.
Une formidable interprétation de tout le casting rend réel cet univers si caricatural et pourtant si proche. On est loin de la satire hollywoodienne et s’arrêter à cette lecture serait un leurre tant Cronenberg nous emmène dans une virulente attaque du monde contemporain.
Agatha (Mia Wasikowska) devient la meilleure ambassadrice du réalisateur. Elle nous accompagne, non sans drôlerie, durant tout le film et sera notre fil rouge pour démêler cette histoire et comprendre les secrets. Ses scarifications seront la partie émergées de l’iceberg dans un scénario tout feu tout flamme.
On pourrait citer tout le casting tant il est parfait mais je m’arrêterais sur Julianne Moore qui interprète à merveille cette freak star névrosée sans scrupule.
Il ne manquait qu’un chirurgien esthétique pour rendre encore plus crédible et réaliste ce monde actuel.
Bref, ce film est une réussite et Cronenberg nous décrit son monde de freaks avec fracas et sens de la comédie car il ne faut pas oublier que l’on rit plus qu’à l’accoutumer dans son dernier film. Certaines scènes (Moore dansant au bord de la piscine) et certaines répliques (Benji dans l’une de ses dernières répliques) seront définitivement cultes.
Allez voir ce film et relisez ci-dessous l’intégralité du poème d’Eluard.

Vous souhaitez regarder la bande annonce, c’est par ici
Le pitch :
À Hollywood, la ville des rêves, des vices et des névroses, se télescopent les étoiles : Benjie, enfant-star ; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités ; sa cliente, l’actrice Havana Segrand. Hollywood promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles : Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana ; et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité…

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942

A propos de l'auteur

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