Milan Kundera sort enfin un nouveau roman et quel roman ! La fête de l’insignifiance est un bijou.
Sa longévité est un ravissement pour les simples lecteurs que nous sommes. Ne nous offrant malheureusement que sa prose, tant il fuit les mondanités et les interviews, nous devons nous contenter de ses écrits (ndlr : mais quels écrits!) pour satisfaire notre bonheur Kunderien. Et pour fêter ses 85 ans, il nous fait le plus beau des cadeaux avec ce dernier roman.
Je serais difficilement objectif, j’en conviens, car Kundera accompagne mon univers depuis 30 ans maintenant et j’ai lu et relu l’intégralité de son oeuvre avec un plaisir inégalé. Mon histoire d’amour a débuté avec La plaisanterie qui reste pour moi l’un des meilleurs romans de Kundera et ne s’est jamais arrêtée depuis.
Ce dernier roman est une merveille de gourmandise qui se savoure avec joie. Car de joie, il en est question dans ce roman et nous retrouvons là toute la drôlerie de Kundera qui joue avec les mots sans renier la profondeur de son texte et en gardant cette écriture légère et élégante. Milan Kundera est assurement l’un des plus grands écrivains contemporains.
Après nous avoir expliqué L’art du roman il y a déjà quelques années, on n’est donc qu’à moitié surpris par ce dernier opus qui détourne le roman que l’on qualifiera de traditionnel pour en faire une conversation aérienne et drolatique où l’histoire et la géographie s’entremelent dans des entrechats légers et qui ne céderont nullement à la superficialité. On débute avec Staline et Kalinine dans les pissotières du Kremlin pour être transporté rapidement dans les jardins du Luxembourg et écouter les conversations de quatre amis, Alain, Ramon, Charles et Caliban. Ils nous feront vivre leur histoire avec autant de digressions et d’apartés qui vous empêcheront de chercher une ligne directrice. Car le propos est bien de ne pas se prendre au sérieux et de vous faire réfléchir sur la condition humaine et cette insignifiance perdue.
Malgré toute l’espiéglerie de l’auteur, ce roman me rend presque triste car il représente à mon sens une synthèse parfaite de ces romans et La fête de l’insignifiance pourrait être le dernier roman de Kundera.
Achetez le, offrez le, recommandez le ou empruntez le mais ne passez pas à coté de cet ultime roman de Kundera qui vous apportera une heure et demie de joie.

Le pitch selon Gallimard :
Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà La fête de l’insignifiance. Celui qui connaît les livres précédents de Kundera sait que l’envie d’incorporer dans un roman une part de «non-sérieux» n’est nullement inattendue chez lui. Dans L’Immortalité, Goethe et Hemingway se promènent ensemble pendant plusieurs chapitres, bavardent et s’amusent. Et dans La Lenteur, Véra, la femme de l’auteur, dit à son mari : «Tu m’as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux… je te préviens : fais attention : tes ennemis t’attendent.»

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A propos de l'auteur

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